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Nous sommes le
19 novembre 2005. Un peu après minuit.
Déjà près de trois semaines après la scandaleuse élimination d'Arno à la
Star'ac, après cette horrible soirée que, honte à moi, je n'ai pu découvrir
qu'en différé, impuissant devant ce qui s'est passé.
Près de trois semaines, donc, depuis le moment où j'ai rejoint l'Arno-family
sur son site officiel. Près de trois semaines, enfin, que, derrière le
chevalier Ferostil, la princesse Anouchka et beaucoup d'autres, on bataille de
toutes les manières possibles pour qu'Arno obtienne ce que les magouilles
avérées d'une production honnie lui ont enlevé : la possibilité de
participer à son rêve d'alors, ce qui l'a motivé en dépit de tout à
candidater, la tournée de la Star'Academy.
Pour contribuer à
cette bataille, j'ai déjà envoyé une première lettre à Raphie, sans grand
espoir, plutôt argumentée et technique. Pour la forme ou presque. Sans
réponse, bien sûr. Comme attendu.
Et, puis, je suis
tombé sur cette merveilleuse vidéo que vous retrouverez sur le site officiel (http://www.arno-fan.net/VIDEO/Repet__eval.wmv)
dans laquelle Arno, si simple, si vrai, si magique, nous "envoie
valser". Une vidéo ‘de rien du
tout’ qui m’a fait pourtant l’effet de ces moments de simple grâce dont
la télévision n’est pas souvent le réceptacle. Un de ces moments où le
silence se fait et où ne reste plus que l’émotion.
Ensuite,
j'ai découvert aussi presque par hasard, sur le même site officiel, un
magnifique article de Libération qui raconte précisément ‘l’avant-scène’,
autrement dit ce qui a précédé cette vidéo. Un papier de Sorj Chalandon
intitulé 'La valse' qui, en quelques mots bien choisis, met en scène toute
l'histoire d'Arno à la Star'ac :
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LA
VALSE
‘Arno
a 17 ans. Debout sur la petite scène, un micro à la main, il a la voix,
le regard et les gestes des chanteurs d'avant. Il hoche la tête, fronce
le regard, plisse les yeux, joue de son bras tombé comme d'une mélancolie.
«Moi je m'en moque, j'envoie valser...», chante Arno. Brusquement, la
musique s'arrête.
«OK
! J'ai chopé ce qui ne va pas chez toi !» dit Raphaelle Ricci.
Lentement, elle secoue sa chevelure blonde. «Chaque mot, tu nous
l'expliques avec ta tête», continue l'enseignante d'_expression scénique.
Arno sourit. Dans la salle, les élèves s'amusent. «Ecoute, j'exagère
exprès, mais tu nous expliques tout avec ton visage, là. On a une
attitude par mot à chaque fois.» Stylo et cahier en main, elle se lève.
«Viens t'asseoir là.» Nous sommes au château de Dammarie-les-Lys, lors
d'une répétition de la Star Academy. Arno s'assied sur le rebord de la
scène, les pieds dans le vide.
«Enlève-moi
ton micro. Pose-le à côté pour le moment. Et puis regarde quelqu'un à
qui tu vas raconter ça. Sans chanter», continue l'enseignante.
La
salle n'est pas grande. Le premier rang de fauteuils est tout près du garçon.
Face à Arno, Emilie. A sa gauche, Alexia. Il plonge son regard dans celui
d'Emilie. Il inspire. Il ne récite pas, il parle. «J'en vois des qui
s'donnent donnent des bijoux dans le cou. C'est beau mais quand même, ce
ne sont que des cailloux.» Arno n'est plus un chanteur, c'est un gamin.
Une voix juste, à la fois fiévreuse et apaisée. «Des pierres qui vous
roulent, roulent et qui vous coulent sur les joues.» Les élèves sont
immobiles. Emilie, émue à en sourire. Doigt posé sur les lèvres,
Alexia est saisie.
Tout
à l'heure, les paroles de Zazie clinquaient, trémolaient, chevrotaient,
bruissaient de paillettes et de vilain doré. Maintenant, elles sont juste
dites. Comme ça, sans lumière, sans artifice, sans mirage, sans rêve de
rien. Un garçon de 17 ans assis sur un rebord, une fille d'un peu plus
qui écoute ses mots. «Moi je m'en moque, j'envoie valser les trucs en
toc.» Alexia est étourdie. Emilie, bouche ouverte. C'est fini. Silence.
Puis
la salle soupire bruyamment, bruit, rit, comme après avoir retenu son
souffle. «On peut l'avoir en chantant, ce qu'on vient de voir ?» demande
la professeure. Elle est agenouillée près de la sono. Elle sourit. «Tu
crois que c'est possible ?» Arno murmure un oui. «Alors prends ton
micro, et on chante.» Il reste assis sur son bord de trottoir. Il ne
quitte pas les yeux d'Emilie. Premières notes de valse. Il chante.
Voilà,
c'est ça’'. |
Et,
c’est là, je crois, que j’ai compris. Compris pourquoi je suis venu là,
pourquoi je me suis investi dans cette 'petite' cause qu'on pourrait trouver
sans importance. Compris que c'est cette magie que je voulais retrouver, dont je
ne voulais pas qu'elle s'évanouisse à jamais. D'où une seconde lettre bien
différente, plus dans l'émotion, moins dans la réflexion. C'était le 17,
deux jours auparavant.
Nous
sommes le 19 novembre 2005, un peu après minuit. Je navigue sur le forum
d'Arno. Comme d'habitude. Je regarde mon mail. Comme d'habitude. Mais, le
nouveau message qui s'y affiche n'est pas comme d'habitude. Il émane d'une
certaine Raphie. Il est court, simple, optimiste, mais mesuré. Et il donne une
bouffée d'espoir :
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LE
MOT DE RAPHIE :
"Bonsoir,
Je suis actuellement en discussion avec la production pour faire intégrer
Arno à la tournée de la Star Academy 5. Je suis tout à fait d'accord
avec vos propos concernant les progrès et les efforts fournis par Arno
durant son séjour au château. Je crois aussi qu'il a mérité d'avoir sa
place au sein de cette tournée, et fais tout ce qui est en mon pouvoir
pour me faire entendre, croyez-moi ! ;o) Je suis assez optimiste quant au
résultat de ce "débat"... et vous aurez des nouvelles très
prochainement.
En
vous remerciant de la confiance que vous avez bien voulu accorder à Arno,
je ne manquerai pas de lui faire suivre vos mails...
Merci
également pour votre fidélité, les "élèves" ont besoin de
vous...
Staracademicalement,
Raphie". |
Certes,
ça n'aura pas suffit. Sans doute parce qu'il en est d'autres dans ladite
production qui, pour des raisons qu'on ne connaîtra peut-être jamais, avaient
décidé qu'Arno ne serait en aucun cas pleinement associé à cette tournée.
Mais, quoi qu'il en soit, merci à Raphie pour vos efforts et merci de n'avoir
pas abandonné Arno par la suite.
Il
nous prouve tous les jours et nous prouvera encore qu'on a eu raison....
Parce
que c'est lui, parce que c'est vous, parce que c'est nous...
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